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15.05.2008

Le Croisé sur son destrier

Saison 1 - Episode 08

 

Je le crois pas, je me suis fait refaire le nez par un gynéco !
Putain si y en a un qui apprend ça…
Parce qu’à Sète, il faut le savoir, si le ridicule ne tue pas, il vous traque, chaque jour, insidieusement, se rappelle à vous, fait en sorte que personne n’ignore ce qui vous est arrivé.
Le ridicule ne vous oublie pas, et, tôt ou tard, soyez en certain, il resurgit. Lorsque vous croyez que là c’est bon, quand même, oh, ça suffit, il revient :
« - Et cette histoire, à l’hôpital, c’est vrai ?... » Oui Jojo.
« - Et toi, tu te souviens, ton histoire à l’hôpital, qu’est ce qu’on a pu en rire… » Ouaip fifi.
« - Qu’est-ce qu’on a en pu rigoler, au foot, de ton histoire à l’hôpital… » …
MAIS LACHEZ-MOI MERDEUH !
Mais ça, tu peux pas le dire, passe que si tu le dis, t’es mort. Non, il faut faire l’indifférent, laisser couler, rester Zen comme un moine boudhiste sous les coups des chinois (c’est bateau comme image, mais comme c’est la mode d’en parler et de s’offusquer de ça, ben moi, j’en parle).

Cathy file à sa voiture.

Bon, et moi, elle est où ma caisse ?
Ah oui, sur le parking d’Auchan, en face.

Non mais c’est vrai, merde.
Bon allez, faut pas se laisser déborder. On a invité du monde, pour demain, et j’ai promis de leur cuisiner mes moules farcies à la sétoise et au Marc de Muscat de Frontignan. Comme si j’avais que ça à foutre. Mais bon c’est des amis.
Ben puisque je suis ici, je vais en profiter pour faire des courses.

Je ferai animation, au Mercado, c’est sur, avec ma gueule en croix. Tiens regarde, les gens se marrent déjà en me voyant approcher. Un vrai phénomène de foire. Je prends mon téléphone. 

Cathy ?
J’ai 1 € pour le caddie,
Je vais faire les courses
Oui, j’ai d’la ressource
Ok on se retrouve à la maison
Je fonce à travers les rayons
Les supermarchés,
Faut 1 an pour s’y repérer
J’adore entre les mémés
M’élancer dans les travées
Stopper en caisse
Me faire sodomiser en beauté
Avec le sourire
Aux fesses
Et sans détour
Eviter d’agonir
La caissière du jour
d’injures
Allez j’assure

De retour à la maison, je commence mon plat.
J'avais raison, j'ai fait rire tout le monde avec mon bandage, à fond sur mon charriot. Un rien les amuse, les gens.

Cathy rentre aussi, elle a ramené les gosses. Ils se préparent, ils sortent ce soir, voir des cousins. Moi j'ai prévenu, je sors pas, je passe la soirée peinard, seul à la maison.

Ah oui je vous ai pas dit, demain, la fête, c’est pour mes vieux poteaux que j’ai retrouvé sur copains d’avant. Y en a que j’ai pas revus depuis 20 ans ! Ils passent le week-end à la maison. C'est pour ça que je leur fais mes moules. Je vous mets la recette dans 2 jours, vous verrez, elle est terrible !

Je sens que demain on va quand même bien s’amuser… 

Enfin, quand même, se faire refaire le pif par un gynéco !