28.11.2008

Sète, ici Sète

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« - Sète, ici Sète, 2 minutes d’arrêt. »

A Sète, « LA » voix de la SNCF est souvent remplacée par celle du chef de gare, qui vous annonce avec un vrai accent de chez nous que ça y est, vous êtes arrivé, que vous êtes le bienvenu mais qu’il faut pas trop la ramener, surtout si vous parlez pointu et avez l’air d’arriver de la Capitale (nous définirons ensemble dans un autre billet comment les reconnaître, ou comment passer inaperçu …)

Tu l’as compris, cher lecteur, j’attends le train dans le froid en cette saison, et avec cette classe que l’on me reconnaît, je suis débout, les pieds serrés, les genoux serrés, les mains enfoncées dans les poches de mon manteau, le plus près possible de mes parties les plus chaudes, les épaules rentrées, et j’oscille, comme on dansait dans les années 80, sauf que j’ai pas sorti les bras pour balayer en dansant.

Touvvvvvvvvvvv, le train stoppe devant moi,shhhhhhhhh, la porte s’ouvre, c’est automatique maintenant, une haie d’honneur se forme pour les laisser évacuer les « sortants » du wagon dont les places assises sont les trésors, une place pour moi et une place pour mon manteau et ma chemise. Non, je suis pas torse-nu, je parle de mon cartable quoi.

Enfin, d’habitude ça se passe comme ça les quelques fois où je prends le train. Sauf là.

Ce matin, au moment où la porte s’ouvre, le premier visage qui m’apparaît me regarde dans les yeux, et me fait une grimace de dégout, avant de détourner son regard et se diriger vers le hall.
La 2e personne porte sa main à sa bouche, me regarde et me glisse « - C’est horrible ! ».
Les suivants me fixent en plissant les yeux, la bouche en coin.

Merde j’ai un problème là qu’est ce qu’il m’arrive ? keskim ariv ?

Fébrile, je me tourne vers le chef de gare :

« - Monsieur, s’il vous plaît, aidez-moi, dites-moi ce que j’ai ?! »

« - Mais je sais pas moi… Voyons… »

Mon cœur bat la mégane, heu la chamade, et je sens une sueur glaciale me couler entre les yeux et sur les tempes. Je suis suspendu à ses lèvres. Je sens son soufle.

« - … vous avez … un abonnement de travail ? Non ? Un simple aller-retour alors ? »

Bon laissez tomber Monsieur. Je rentre dans le train, me cachant une partie du visage avec la main, fixant le sol. Je me cogne alors à une bande d’adolescents boutonneux et déginguandés, avec des démarches chaloupées de cow-boys pour remplir un peu l’espace autour d’eux, parce que c’est cool, et qui ont décidé de sortir les derniers, parce que c’est nul de descendre en premier.

Le premier :
« - Putain ça pue. »
Je le prends pour moi, forcément. Je suis en train de pourrir ? Je suis pas si vieux tout de même. Ma mère m’appelle encore son petit.
L'autre, qu'on appellera Dupont :
« - Ouais ça schlingue t’y as raison ! »
Et le 3e, genre Harold Lloyd tout jeune, pas plus grand qu’un sarkozy, du haut de son épis. Harry Potter petitout, hé, pas celui du dernier film, qu’a 30 ans. Il fait :
« - Ouais c’est les usines, mon père il m’a dit. C’est pour ça que moi, j’habiterai jamais cette ville. »

LES USINES ! C’EST LES USINES !!

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A son passage, je tends la jambe, il se prend la basket sur mon tibia, et comme il a les 2 mains dans les poches, il s’étale face contre terre, sur le marquage au sol pour les non-voyants, vous savez, la gueule, les dents et tout ça, sur les petites boules.

Bien fait. L'a qu'a pas critiquer ma ville.

Les portes ont déjà sonné, elles se referment. Le train démarre. Toujours classe, je lui tends mon majeur, à ce petit con.

Ca lui apprendra.


...


Alors c’est donc pour ça que les gens me faisaient des mines de film d’horreur en sortant du train !

Mais c’est vrai qu’elles puent ces usines…

Rapport aux emplois, M. Liberti avait essayé de faire diminuer la toxicité des fumées (que de la vapeur d’eau, d’après les pollueurs. Nous prennent vraiment pour des cons) et de conserver les usines sur Sète.

Moi, je passe plusieurs fois par semaine, si ce n’est par jour, devant Sud-Fertilisant, ex-Cofaz, et j’y ai jamais vu un type y bosser. C’est des emplois avec un « s » ?
Et tu sais pas comment il arrive, le guano. Limite, tu te demandes si c’est pas les poissons qui le mettent directement dans les sacs. Non, sérieux, ces mecs, ils sont si nombreux que ça ? Ils travaillent la nuit alors ? Mais je passe aussi la nuit !

 

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Non, ils se cachent aux passages des voitures, mais pourquoi ? Mystère.

En tout cas ça pue toujours autant.

En plus, l’incinérateur tourne à fond et en continu, on ne sait plus quoi faire de nos ordures.

M. Commeinhes, lui, avait annoncé avant son élection qu’il ferait partir les usines responsables de ces émissions, Sud-Fertilisant en 1er.

C’était en 2001. On est en 2008, et la photo, je l’ai prise hier.

L’usine est toujours là.

J’ai donc pris le train, fait mes trucs, et quand je suis revenu de mon périple à l’étranger (Montpellier), que les portes se sont ouvertes à l’arrivée à la gare, j’ai mis ma main sur mon nez, et comme beaucoup des passagers, j’ai trouvé que ça puait.
Ca te pique le nez, c’est acre.

Et puis on s’habitue, et au bout de quelques minutes, on ne s’en aperçoit déjà presque plus. On sait que ça sent, dans la plupart des quartiers Est et Nord Est de la ville : près du Théâtre, Conservatoire, pointe courte, jusqu’aux Métairies parfois.

Mais on est la ville qui pue. Sète pue. C'est pas nouveau, c'est sur.

Merci Sud-Fertilisant et compagnie.

 

Ah, mais, c'est les jeunes gens de ce matin ??.... Heu non, j'l'ai pas fait exprès je...

13.09.2008

Immobilier à Sète : pas la même perception des choses

Pour l'ambiance, petite musique...
 

 

On a pas toujours la même perception des choses.

Comme j'avais des problèmes d'argent, j'ai mis ma maison en vente, je fais une annonce, avec toutes mes coordonnées, le gabian, rue de la mouette etc. Mon mail gabiandesete/at/free.fr et je mets la photo, que je placarde sur mon portail.

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Un acheteur potentiel sonne. Il regarde l'affiche. Regarde la maison. Prend son appareil et photographie ma demeure.

Le lendemain, je reçois par mail la photo qu'il a prise la veille, avec le prix qu'il me propose.

LA PROPOSITION de l'ACHETEUR :

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Il me dit que mon prix est trop élevé.

Je me dis qu'il rève. Je prends mon téléphone : allo l'agence "AIL 34 Immobilier FORCE 51" ?

Le type passe, me regarde gentiment. Me dit qu'il veut bien me l'acheter !

Ah ben voilà quelqu'un de censé ! Le lendemain, je reçois sa proposition :

PROPOSITION DE L'AGENCE  :

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Bon, c'est pas avec ces rigolos qu'on va s'en sortir.

Allo la Banque "du Pet de Persillé" ? Je suis client de longue date chez vous, et je lui explique mon histoire.

La banque passe. 2 personnes, une mallette. Elles m'impriment directement, avec le prix :

PROPOSITION DE LA BANQUE :

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 ...

Le lendemain, déboussolé, les idées noires, je reçois un courrier du Trésor Public.

C'est une réévaluation de ma taxe foncière :

 EVALUATION PAR LE TRESOR PUBLIC :

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Là, j'ai refermé tranquillement le courrier.

Rassuré.

Ouais. Et j'ai compris.

Quand on a un doute, il faut se réferer au Percepteur : c'est lui le pro de la perception des choses...

16.07.2008

SETE, plus rien à construire ?

C'est la question qu'on se pose en regardant les images qui suivent, tirées d'un document édité par la par CEMAGREF et la Maison de la télédétection pour le SMBT.

  Sète en 1944

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Sète en 2005
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Voilà un document très intéressant, trouvé sur l'EXCELLENT blog de Roquerols : Télécharger la présentation complète qui reprend le même type d'info pour tout le bassin de Thau !

L'étude a été commanditée par le SMBT. Il est interessant d'en connaitre l'analyse faite par ces organismes, sans remettre en cause l'honneteté, bien sûr, et continuer à forger son propre avis.

 

Hé, c'est une bonne idée, d'avoir enregistré les cigales, parce que bientôt...

 

 



 

 

 

09.07.2008

la daurade au plomb ?



 

"- Oh, Norbert, pousse-toi de là !"

"- Que je me pousse ? Mais c'est ma place, tu le sais, j'y suis chaque année !"

"- Ecoute moi Norbert, écoute-moi. Jusqu'à présent, ici, on t'a toujours bien accueilli, même si t'es pas du quartier, on t'a fait la place, on t'a offert le pastis et tout i quanti, mais là tu vas un peu trop loin, je te le dis et je te le répèterai pas..."

"- Parce que sinon quoi ?"

"- Parce que sinon je vais t'arranger la face, que ta femme elle va pas te reconnaître, et que les enfants te jetteront des pierres, alors tu vas pécher plus loin, j'en ai marre d'emmêler ma ligne avec la tienne, oh, on est pas marié, que je sache ! J'en ai déjà perdu 3, des plombs aujourd'hui, à cause de toi. Alors tu vas en face, à la Plagette, regarde, y a encore de la place."

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Et voilà, c'est comme ça depuis des centaines d'années.

Autour du mois d'octobre, lorsque se met à souffler durablement le mistral (nous on l'appelle le mistral, mais en fait c'est la Tramontane), l'étang se refroidit et les Daurades filent vers la mer, qui reste plus tempérée pendant l'hiver. Alors à la Pointe courte, la Plagette, et sur tout le canal, les pécheurs s'amassent pour pécher ce poisson dont nous sommes si friands.

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Ces jours là, l'affluence est telle que les lignes s'emmêlent parfois par dizaines, d'un quai à l'autre, et il arrive même que les barques soient bloquées un temps par ces nœuds.

Il faut alors couper les fils. Et les plombs tombent au fond du canal.

Et ça dure depuis des centaines d'années.

Du plomb ?

Mais il y en a beaucoup ?

Oui, c'est tapissé de plomb, au fond. Pour s'en apercevoir, il suffit de prendre un masque et de plonger. Ramasser du plomb au fond du canal pourrait d'ailleurs devenir lucratif, avec l'augmentation du prix des métaux.

"Il est plus facile de trouver du plomb au fond du canal que des palourdes dans l'étang. Par poignées, on le ramasse!"

 

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Mais, le plomb, c'est dangereux, non ?

On l'a interdit de nos canalisations, de notre essence, de nos cartouches... On le sait, que c'est nocif. Mais il y a plusieurs centaines de kilos de plomb au fond de notre canal.

Et à la pêche, ça reste autorisé ?

En France oui. Pas forcément dans d'autres pays : la lutte contre le plomb dans le matériel de pêche est forte au Canada (le nombre de pécheurs en rivère est important), mais "Le Canada ne lutte pas seul pour empêcher le plomb d'empoisonner les espèces sauvages. Les États-Unis ont interdit le recours aux pesées et aux turluttes de plomb dans trois refuges nationaux de la faune et un parc national. Le New Hampshire et le Maine ont interdit l'emploi de petites pesées et turluttes de plomb en 2000 et 2002, respectivement, tandis que l'État de New York prohibera, dès cette année, la vente et l'utilisation de la plupart des pesées de plomb destinées à la pêche. En outre, les États du Maine, de New York, du Minnesota et du Vermont ont lancé des campagnes de sensibilisation pour encourager l'usage de solutions de rechange non toxiques.

En 1987, la Grande-Bretagne a interdit le recours à des pesées de plomb pesant moins de 28,3 g à cause de la mortalité répandue des cygnes. En Suède, des programmes de recherche et de sensibilisation ont été instaurés au début des années 1990 en collaboration avec l'Association suédoise des pêcheurs à la ligne et l'Inspectorat national des produits chimiques, afin d'encourager l'emploi de pesées sans plomb." (tiré de Envirozine, site environnemental canadien)

Enfin voilà. Je vous le dis. Il y a des pesées sans plomb qui sont proposées aux pécheurs, mais le surcout est important.

Tiens je vais essayer de me renseigner. Je vous tiens au courant.