07.05.2008

Malaise dans la salle de bain...

Saison 1 - Episode 03

 

Mercredi 2 avril 08.
Ce matin, il m’est arrivé quelque chose de terrible.
Je vous raconte.

Je me lève, comme d’habitude, et je descends prendre mon petit déjeuner. Comme d’habitude.
Bref je fais tout comme d’habitude : je fais mon petit caca, puis je me dirige en sandales et peignoir en me grattant le ventre et la barbe jusqu’à la cuisine, j’allume machinalement ma radio, cafetière, tartines au grille-pain, beurre du frigo, couverts, hopla un petit œuf en chocolat tant que ma femme dort, je m’assois, et réveille tranquillement mon cerveau en écoutant la radio. J'allume, au hasard, France Inter. J’écoute jamais. Je paye pas la redevance, je suis pas malhonnête, simplement j’écoute pas les Télés et radio publiques.
Et les infos défilent, les morts en Afghanistan, not’Président qui veut y envoyer les troupes, mais il veut pas de débat, Fillon non plus, vu qu’il y en a jamais eu pour ce genre de décision. Ah si ! dit le journaliste, pour La Guerre du Golfe 1 (ma préférée).
Bon.
Et puis, il y a Hollande qui parle. Il veut un débat, c’est important d’en discuter avant si on veut envoyer des Français, même si c’est des militaires, il nous dit. L’a pas tort sur ce coup-là, Flamby.
J’ai fini le p’tit déj, je laisse bol et couverts sur la table, c’est Cathy qui range après le petit déjeuner des mômes.
Je monte à la douche. Je rallume la radio de la salle de bain (je suis mélomane, j’écoute souvent Nostalgie. Sinon, j’aime la Grande Musique. Catherine Lara, Les comédies musicales, voyez.).
Allez rezou les infos.

Là, je sens un point au ventre, comme une petite boule. Je presse avec la main, j’appuie avec les doigts. Ca semble passer.

Ah, on est mercredi, une info rapportée par le Canard Enchainé. C’est rigolo des fois.
Mais là, c’est sur Nicolas Sarkozy. Apparemment, n’importe qui, vous, moi, pouvait le faire radier des listes de Neuilly, en invoquant l’absence d’une quelconque attache administrative avec cette ville, à la suite de son déménagement de Neuilly vers le Palais de président. Le Canard invoque une magouille, usage de faux, pour parvenir à être inscrit dans les temps, car il a laissé passer la date pour s’inscrire sur les listes électorales. Et ça l’aurait foutu mal de pas voter, pour un président. C’est vrai que ça aurait fait ballot.

Je sifflote, en me rasant. Et c’est là que j’ai eu vraiment peur !

A la radio ils viennent d’annoncer que le débat sur les OGM laisse apparaître un soutien d’une grosse partie des parlementaires UMP, et que le risque, d’une prolifération sauvage est important, ce qui est logique puisque les champs d’OGM ne peuvent être mis sous cloche ! Et comme tous les brevets appartiennent aux américains, plus question de ne rien leur verser si on trouve dans la production des agriculteurs, une partie même négligeable d’OGM.

Si il y a compétition des espèces entre elles, on peut même imaginer la colonisation globale de la planète par les OGM, et disparition des plantes naturelles !
On enchaine sur le plan de rigueur qui n'en est pas un dixit Madame Lagarde et...

Là, je me sens vraiment mal. Le miroir se met à osciller lentement en diagonale, puis en ellipse devant moi, les spots aussi, de plus en plus, comme si je me trouvais dans une balancelle, puis le plafond me fait face et je me sens partir la tête en arrière. Je vois mes mains mouliner dans le vide je sens que je tombe putain je vais me ruiner la gueule sur le carrelage je vais m’ouvrir le crâne. Dans ma bascule de playmobil, le corps tout droit les bras en angle droit, ma main droite accroche le rideau de douche, je suis sauvé ! Mais klong klong klong les anneaux s’arrachent l’un après l’autre de la barre qui soutient le rideau et celui-ci me suit dans ma chute, comme la cape de superman, sauf que moi c’est Stéphane. Mon corps pivote autour de l’épaule qui tient le bras qui tient le rideau qui tient plus à rien, en tout cas plus à grand chose, si, un dernier crochet, et je fais un tour complet avant de me diriger, le corps à l'horizontale, vers le chiotte. Je lève les yeux, je vois le chiotte arriver à toute vitesse vers moi. J’ai jamais vu un chiotte aller si vite. BONG-CRAC. Bong Le réservoir sonne creux, Crac Mon nez se désintègre en au moins deux morceaux bien distincts, celui du haut et celui du bas. Sous le choc, j’essaie de me redresser, ma main se pose sur … un savon et je m’affale dans la baignoire, une main restée derrière, sur les WC, et l’autre largement devant. Une vraie danseuse, un bras devant, un derrière. Sauf que c'est à nouveau la tête la première. Le rideau qui m’a suivi tombe sur moi, suivi du tube en métal qui soutient l’ensemble, dans un fracas assourdissant.
Je pisse le sang. Je lève la tête car il pleut.
Non, c’est la douche qui s’est mise à couler. Mon pied a du pêter le robinet…
Je suis en train de tourner de l’œil qu’est-ce qu'il m’arrive bon dieu ?
Cathy déboule dans la salle de bain. On file aux urgences…

(A suivre…)